La nouvelle équipe de France 3D vient d’être dévoilée. A moi le championnat du monde à Robion, sous les couleurs de l’équipe de France !  Retour sur un week end de sélection éprouvant !

La sélection était organisée par le club de Verdun sur Garonne (près de Montauban). Il y avait du monde sur cette compétition. Bien plus que d’habitude, il me semble. Est-ce parce que le championnat du monde est en France ? Qui sait. Chez les Femmes Tir Libre, on n’a jamais vu ça. Nous étions 10 concurrentes et il n’en manquait aucune parmi les meilleures françaises. Il fallait donc envoyer du lourd.

Le club de Verdun sur Garonne nous avait préparé des parcours dignes d’une sélection. De belles cibles bien placées qui impressionnent, des distances pas forcément compliquées mais difficiles à estimer avec des creux, des troncs d’arbre… Tout pour nous sortir de notre zone de confort et de nos cibles « faciles » que l’on retrouve malheureusement trop souvent sur les parcours du dimanche.

Je suis arrivée sur cette compétition avec la volonté d’être sélectionnée, et la niak de gagner. Je ne comptais rien lâcher. Même si, sur le papier, je ne partais pas favorite, je comptais bien montrer de quoi j’étais capable et jouer jusqu’au bout.

Nous démarrons donc le samedi matin sur un parcours de 24 cibles, à raison de 2 flèches par cible. A la fin de cette étape, 2 filles seront éliminées. Je ne réfléchis pas au classement et je tire comme je sais le faire. Le peloton est sympathique, la matinée se passe bien. J’alterne entre de très belles flèches et des flèches médiocres. Je n’arrive pas à décoller. Pourtant j’en veux. Je ne lâche rien et je garde un mental positif (ce qui en soit, est déjà positif ^^). Je finis au score moyen de 440 (un poil en dessous de mes scores de l’année, sans pour autant être catastrophique). Ce score me place à la 4ème place : je gagne mon ticket pour le tir de l’après-midi et j’atteins par la même occasion le quota minimal demandé par la fédération (ça parait rien, mais ça changera tout). Une bonne chose de faite ! Seul bémol : une douleur au bras qui se réveille comme lors du dernier entrainement. Tant pis, il va falloir faire avec.

L’après-midi, nous commençons le vrai 3DI : 12 cibles, 1 flèche par cible. C’est la partie que je préfère même si, comme tout s’accélère, n’importe qui peut se faire éliminer à la fin de cette étape. Le soir, seules les 6 premières gagneront le droit de tirer le lendemain. J’attaque ce tir au quart de tour. J’enchaine des 10 et 11 et je prends confiance. Mais très vite, je fais des erreurs d’estimation et quelques erreurs de tirs qui me rendent moins précises et me font faire trop de 8. Je finis encore une fois 4ème de l’étape avec 113 points. Je gagne donc mon ticket pour le tir du dimanche matin, mais je reste pourtant sur ma faim. Mes deux 4ème places me permettent de continuer mais pas d’engranger beaucoup de points de classement. Demain, je n’ai  pas le choix, je dois gagner.

Et c’est avec cet état d’esprit que je me réveille le dimanche. Je n’ai plus peur de me faire éliminer sur cette étape (seules les 4 premières accéderont aux duels). Je ne dois pas juste être dans les 4 : je dois gagner. Et c’est ce que je fais. Je tire mes flèches une après l’autre : le tir est propre. J’ai mal à l’épaule et au bras, mais je serre les dents et je m’applique. Je gagne l’étape avec 78 points (sur 8 cibles). Cette 1ère place m’ouvre la porte de la dernière étape : les duels.

C’est maintenant que la partie se joue réellement. Le duel de la demi-finale est le duel le plus déterminant. Gagner ce duel signifie une forte chance d’être sélectionnée. Je m’isole pendant les duels des autres archers. Je me concentre. J’en suis capable, je vais le faire. Et pourtant, malgré toute cette niak et cette volonté, je n’arrive pas à être précise. Je fais même une paille. C’était pourtant la flèche parfaite mentalement : aucun doute, une flèche engagée, bien tirée qui ne pouvait aller que dans le 11… si je n’avais pas surestimée de plus de 5m… Je perds donc ce duel.

C’est un coup dur, mais comme me le répètent Nicolas et Alex, il ne faut rien lâcher. Il me reste encore le duel contre Déborah. Je dois me battre jusqu’au bout.

Après la pause déjeuner, j’attaque ce duel avec toute la niak dont je suis capable. Là encore, je commence mes 2 premières cibles avec des mini erreurs d’estimation qui me font faire des 8 et perdre quelques points cruciaux. A la dernière cible, j’arrive avec 3 points de retard. Dans ma tête, je refuse de me laisser abattre. Déborah peut encore faire un 8. Si je fais un 11, je serais au barrage. Je tire donc avec un unique objectif : le 11. Je tire la flèche avec toute la hargne que je peux mettre. Ca ne suffira pas : je fais finalement un 10, tout comme Déborah, qui conserve donc son avance. J’ai perdu, mais je me suis battue jusqu’au bout ! J’ai fait des erreurs, mais les filles (Aude et Déborah) ont surtout fait de supers duels. Chapeau les filles !

Je termine donc 4ème de cette sélection, avec beaucoup de frustration et de déception mais surement pas avec des regrets. J’ai fait des erreurs mais j’ai été battu par meilleures que moi. C’est dur, surtout quand on se bat toute l’année pour cet unique objectif. Le lendemain, je réfléchis déjà au travail que je dois mettre en place pour prendre ma revanche et revenir plus forte la saison prochaine. Mais c’est sans compter un appel inespéré de la part de Marina, qui m’annonce que je suis sélectionnée. Je suis dedans ! Je repars au championnat du monde ! Je vais à Robion !

Il me reste maintenant 2 mois pour rechercher encore plus de performance, 2 mois pour me préparer à ce championnat. J’ai engrangé de l’expérience l’an dernier en Slovénie : cette année, il n’y a plus qu’à se lâcher ! J’ai maintenant hâte de retrouver la cohésion de l’équipe de France, hâte d’en découdre !

Encore un grand MERCI à tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette compétition et pendant cette saison éprouvante. Un énorme MERCI  à Nicolas, qui me pousse à l’entrainement, qui a géré la logistique pendant toute la compétition pour que je me concentre à 200% sur mon tir et qui a fait vivre cette compétition à distance à mes supporters préférés ^^. Je n’y arriverais pas non plus sans mes 2 supers coachs Manu et Alex qui savent toujours trouver les mots qui boostent.  Un grand merci aussi à mes sponsors Lyon Archerie et Arrowtech pour leur soutien.

RDV à Robion !

Aurore